Notre arrivée au village
Comme il nous était impossible de trouver seuls, l'emplacement du village d'Abdel, nous nous sommes donnés rendez-vous, en l'appelant sur son téléphone portable, à l'entrée de la ville la plus proche: Ouled Teima
(baptisée aussi en arabe "44", car elle se trouve à 44km d'Agadir!)
Abdel est arrivé à bord d'une vieille 504 pick-up accompagné de son frère et d'une multitude d'enfants, impatients de découvrir les invités!
Nous avons suivi leur véhicule, prenant des petites routes inconnues sur ma carte Michelin!
La route serpentait au mileu de plantations d'arganiers
arbustes endémiques de cette partie du Maroc
qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
Contrairement à l'olivier, c'est le noyau du fruit de l'arganier qui est broyé pour fabriquer la fameuse huile d'argan, au goût de noisette, réputée pour ses nombreuses vertus, culinaire, médicinale et cosmétique.
Avant que d'être cueillis, les fruits de l'arganier font assez souvent le régal des chèvres qui elles, en apprécient la chair et n'hésitent pas à grimper aux branches pour satisfaire leur gourmandise.
Cette vision est devenue une vraie attraction touristique et les bergers n'hésitent pas à réclamer de l'argent
pour vous donner "l'autorisation de faire quelques clichés" .....
Cela peut devenir désagréable suivant la façon dont le dialogue s'engage.
Il est utile alors de connaître un ou deux mots de salutations en arabe
pour amorcer une conversation et au lieu de donner de l'argent, offrir une bouteille d'eau, des fruits, ou une confiserie sera tout aussi apprécié et donnera l'impression aux deux"parties" d'avoir passé un marché équitable!
De ses rencontres impromptues naissent parfois de belles surprises
à condition de rester ouvert et sans préjugé.
Après les arganiers, nous longeâmes des champs de luzerne bien irrigués
bordés par des figuiers de Barbarie, afin de délimiter les parcelles.
Soudain le goudron prit fin et c'est une piste caillouteuse qui nous mène enfin jusqu'au douar ( douar signifie village)
Il est composé d'une vingtaine de fermes en pisé de couleur ocre (le pisé est fait d'un mélange de terre argileuse battue et de paille) comme le sont la majorité des maisons dans la campagne environnante.
Le village a l'électricité depuis peu et la première acquisition des familles est avant tout la télévision et la parabole!
pour capter toutes les chaînes arabes du Golfe .
Dans le village, seules quelques maisons de facture plus récente, sont construites en dur, et s'alignent de manière à donner naissance à un semblant de rue.
Sur le pas des portes, quelques vieillards et enfants nous suivaient du regard avec curiosité: les visiteurs n'étant pas légion dans ces contrées oubliées!
Les maisons en pisé sont de forme carrée ou rectangulaire
et possèdent toutes, une cour intérieure
généralement plantée en leur centre d'orangers ou de figuiers.
La maison ne délivre pas ses secrets immédiatement
car l'entrée ouvre sur une chicane qui ne laisse pas voir l'intérieur.
Sur le côté, après passée la porte, on trouve une grande pièce servant de vestibule afin de recevoir le visiteur qui ne sera pas forcément introduit dans le coeur de la maison où se trouvent bien évidemment, les femmes.
Le sol de cette pièce est recouvert de tapis multicolores et de coussins rectangulaires., sans aucun meuble.
La pièce en question malgré la chaleur extérieure est relativement fraîche, le pisé, matière vivante, étant un bon régulateur thermique.
Nous y fûmes introduit par Abdel, puis invités à nous asseoir au sol sur les tapis, puis ....abandonnés à nous-mêmes de longues minutes qui nous parurent bien intimidantes!
Autres moeurs,
autres temps, semblait-il....
A suivre.....
Amitiés
Majorelle
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