Visite de la palmeraie de Tioute
En voiture ! On repart en balade dans ce beau Sud marocain !!
En images et commentaires !
Vous voulez un petit éventail des transports locaux, juste avant de démarrer ?
Limousine, …

j’en ai vu plus au Maroc que sur les Champs-Elysées ou la place Vendôme!
Paradoxe d’un pays de contrastes…
Bof ! Laissons ça aux Vieilles Pies (...VIP )
on se sentirait bien isolés derrière les vitres teintées !
et en plus, elle ne passerait pas là où je vous emmène !
Taxi collectif....
appelés aussi "Grand Taxi " par opposition au « Petit Taxi » qui lui circule intra-muros uniquement. Les "Grands Taxis " assurent les liaisons entre les villes. Chaque ville a sa couleur de véhicules, vert ici pour la ville de Taroudant. Les grands Taxis de Rabat sont blancs, ceux de Marrakech sont beiges,…
Les taxis collectifs sont des modèles assez anciens de Mercédès et leur chauffeur
sont réputés pour être de vrais kamikazes!
Par contre, c’est l’idéal pour faire des "rencontres" ! Si, si, je vous assure !
Avec 2 passagers + le chauffeur à l’avant et 4 passagers sur le siège arrière !!!
Tout le monde "collé-serré" ....
Bon, je reconnais qu’il y ferait un peu chaud!
En calèche...

pas mal, hein ? et romantique en plus ! ça, je vous le réserve pour plus tard !
Bon, il vous reste à choisir entre :
Ou
ou le "carrosse" de Majorelle ?

Alors ?....
Allez, pour cette balade, on va dire que c'est moi qui décide!
(normal, c'est moi qui raconte!!)
les deux derniers, je les vois bien, moi!!
Si, si je suis sérieuse, l’âne risque bien d'être au programme !
J’ai déjà bousillé mes godasses (y a pas que Olivia RUIZ ...),
je ne vais pas aussi rayer le "carrosse" dans la palmeraie !
Trêve de plaisanterie !! aujourd’hui c’est sérieux !
Assez déliré dans mes derniers billets, avec les Aventures de Majo à la Ferme
et le Destin de Ferrouj, le Coq !
Nous v'là partis pour la Palmeraie de Tioute!
En milieu de matinée, sous un soleil déjà bien chaud, nous avons pris congés de nos hôtes pour la journée, afin de les laisser vaquer à leurs occupations habituelles et surtout pour aller faire cette belle excursion que j’avais repérée sur la carte.
Nous aurions dû, après avoir quitter les pistes du village, rejoindre la Nationale
qui mène à Taroudant. Abdel nous en a dissuadé, nous mettant en garde contre la circulation intense de camions sur cette portion de route.
Nous avons suivi son conseil mais bien que la route fût quasiment déserte,
nous avons roulé à un train d’escargot !
Peu importe, nous étions en vacances et avions la journée devant nous pour faire la soixantaine de kilomètres jusqu’à la palmeraie.
L’asphalte sur cette portion de route était plutôt rare....
et c’est un véritable gymkhana entre les nids de poules (ça me poursuit !! on ne rit pas !!) que nous fûmes obligés de faire.
En fait, par endroits, le goudron avait complètement disparu, emporté par les fortes inondations du printemps dernier.

Les traces des dégâts occasionnés par les crues destructrices des oueds (rivières),
maisons en ruines, arbres déracinés, ponts arrachés, nous laissaient imaginer le calvaire qu’avait enduré les populations.
Cette région, je vous le disais dans un billet précédent est située dans la vallée fluviale de l’Oued Souss. Ce fleuve est, baptisé par les riverains, le Terrible ! c’est éloquent!
Il est à sec quasiment les 3/4 de l’année.
Mais, il a cependant périodiquement des crues terribles suite aux pluies et à la fonte des neiges. Il ne faut pas oublier que le Haut-Atlas n’est pas loin avec plusieurs sommets à plus de 3000m et le Mont Toubkal à 4167m. L’oued Souss est aussi alimenté par une multitude d’affluents qui augmentent son débit en période critique, affluents qui eux-mêmes ravagent tout sur leur passage.

La région d’Ameskroud et Aït Melloul a été particulièrement touchée en début d’année.
De nombreuses personnes y ont laissés la vie et d’autres ont tout perdu….
Je vous parlais dans un autre épisode, des possessions bien "fragiles"
des habitants de cette région.
Car effectivement en cas d’intempéries graves, ils peuvent tout perdre eux aussi, toit, cultures, récoltes, bétail….Personne n’est assuré ici (j’ignore même si cela existe, …)
et faut pas compter sur des aides financières quelconques….
Une fatalité à accepter, être entre les mains de la Nature, fatalité plus rude à appréhender dans les pays pauvres...
Tout le monde a probablement vu à la télé, le désastre au Pakistan....
Tout en continuant de rouler et de voir ces maisons détruites, qui avaient été construites au beau milieu de l’oued, nous étions plutôt surpris… Des drames auraient pu être évités si les constructions avaient été faites plus loin sur les berges.
Le soir, Abdel nous expliqua que d’aussi violentes crues que celles de février, n’avait pas eu lieu, selon les anciens, depuis 60 ans au moins. Donc certains jeunes agriculteurs n’ont jamais vu certaines parties de l’oued recouvertes d’eau. Ainsi ayant trouvé une terre alluvionnaire plus fertile qu’ailleurs, ils s’y étaient installés pour y vivre et planter leurs cultures.
Quelles conséquences…
Cahin-caha, on arriva à Taroudant, nous avions fait la moitié du chemin, les champs fertiles laissèrent la place aux zones arides des arganiers. A nouveau, le même spectacle des chèvres accrochées aux branches pour savourer les fruits les plus mûrs !

La route était toujours déserte et nous nous en réjouissions, contents à l’idée de ne pas trouver une cohorte de touristes dans ce coin qui s’annonçait idyllique.
Nous abordions le village de Tioute, mais toujours pas trace de palmeraie…Extrême aridité tout autour de nous, un vent chaud soufflant même,
faisant voler des nuages de poussière ocre.
Manquait plus que quelques sons d’harmonica et on se serait cru en plein western !!
N’empêche que la palmeraie de Tioute, a connu aussi ses heures de gloire cinématographique! C’est là qu’ont été tournées de nombreuses scènes du film « Ali Baba et les 40 Voleurs » avec Fernandel en 1952 !
A l’entrée du village, une belle construction de facture récente attira mon regard.

Un bâtiment administratif, semble-t-il, mais construit dans un style très particulier propre à cette région.
Cette espèce de tour, dont s’inspirent nombreux hôtels d’Agadir et sa région, est la réplique des fortins qui servaient de greniers à grains dans le passé. Il y en avait en général un par village, on y rassemblait toutes les récoltes et en cas d’attaque des tribus voisines, on y mettait à l’abri les femmes, les enfants et le cheptel,
afin d’éviter les razzias ennemies.
Dans la région, j’ai noté que les maisons cossues construites récemment, s’agrémentent presque toutes de ce genre de tours, plus petites certes, mais très souvent placées par paire à chaque angle de la façade principale.

De plus, j'ai appris en feuilletant mon guide que les mots "agadir" et "ighrem", noms de deux villes de la région, signifient "grenier" en berbère.
On finit par quitrer le goudron pour prendre la piste qui traversait le village, mélange de maisons anciennes en terre battue et de constructions plus récentes.
Enfin nous apercevions les premiers palmiers !!

Une piste grimpait sur la colline, pour rejoindre une espèce de fort.

Sans hésitation, nous nous y engageâmes.
C’était certainement de là que nous aurions la plus belle vue !
Arrivés au sommet, surprise! Le fort en question, transformé par un rajout de construction vraiment peu réussie, abrite un restaurant!
On ne respecte pas trop le « patrimoine architectural » dans le coin…Passons…
Dans les lieux, un minibus de touristes, 8 ou 10 personnes tout au plus, en train de déguster tajines et couscous….
Pas trop affamés en raison de la chaleur et peu désireux « d’engraisser » celui qui avait défiguré ce lieu, on se contenta de boissons bien fraîches qui furent les bienvenues !
L’air chaud soufflant toujours, était vraiment « assèchant » !!
On ne bouda pas notre plaisir, car à nos pieds s’étalait la palmeraie : une mer de verdure !

C’était reposant pour le regard après cette route aride.
Au premier plan, on apercevait un marabout, (tombeau d’un homme saint)

vue plongeante sur le village avec ses constructions de différentes époques.

Bien que ravis du spectacle et à l’ombre sur la terrasse, nous avions cependant extrêmement chaud et étions bien tentés de rejoindre l’habitacle climatisé de la voiture, c’est d’ailleurs, ce que réclamaient déjà les garçons !
En rejoignant notre véhicule, nous fûmes abordés par un jeune marocain qui nous proposa de nous faire visiter la palmeraie (cris de négation de la jeunesse!) .
L’homme avait le discours rodé, le bagou assuré,
habitué qu’il était à baratiner le touriste!
Mais tout cela fort gentiment ! Amusés, on l’écouta nous vanter la fraîcheur des jardins au sein de la palmeraie ! Voyant les garçons, toujours rechigner, il sut les « cajoler » en leur parlant d’une baignade possible dans une piscine, et surtout qu’ils n’auraient pas à marcher car ses ânes étaient à notre disposition pour la modique somme de 2€ !!
Ses arguments furent convaincants !
On le rejoignit à la sortie du village où étaient « garés » nos futurs « destriers » !
Il faut bien que je vous l’avoue: c’était une première ! Dans ma prime jeunesse, j’avais bien fait un peu d’équitation, mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de monter sur un âne ! Mes quelques préjugés sur la bête, (en plus bien sûr, de ses braiments nocturnes intempestifs !) me crispèrent un peu au début.
Je voyais déjà la bête, soit refusant d’avancer
soit m’envoyant balader d’une belle ruade au bout milieu des figuiers de Barbarie !
Son propriétaire m’assura qu’il était doux comme un agneau, et c’est, accompagnés de ses deux fils qui tenaient la longe (on ne sait jamais..) que nous partîmes à la queue leu leu,
sur les traces de Fernandel !!
Nous devions avoir une sacrée allure, à n’en pas douter !
Très couleur locale, malgré nos vêtements européens !
Au point que nous fûmes même photographiés par deux touristes anglaises (à pied, elles) Ah, ces touristes, qui ne respectent pas l’Image des autochtones !
Le plus fier de nous quatre, était Junior, qui lui, chevauchait le mulet initialement destiné à Zhom. Mais vu les jambes de géant de Junior, l’échange standard s’avéra nécessaire !!
La fraîcheur sous les palmiers était bien réelle, et le gargouillis de l’eau dans les seguias (petits canaux d’irrigation pour les jardins des palmeraies) nous fit vite oublier l’aridité avoisinante.
Les cultures dans les jardins s’étagent sur trois niveaux, les palmiers en forment la canopée, à l’étage en dessous poussent des arbres fruitiers, orangers, grenadiers essentiellement, et au sol les légumes, courgettes, concombres, poivrons,….
De multiples oiseaux voletaient de branche en branche,
égayant encore s’il en était besoin les lieux, de leur chant.
Certains étaient très colorés, on aurait dit un genre de perruches.
Trop occupée à me maintenir en selle, je ne risquai pas de vérifier en gesticulant !
Enfin quand je parle de selle, c’est un bien grand mot ! Je dus faire maintes contorsions pour rétablir à la verticale, l’amoncellement de couvertures sur lesquelles j’étais assise et qui avaient une fâcheuse propension à vouloir se faire la malle !!!
Je profitai toutefois de la beauté bucolique de toute cette verdure et l’arrivée à la fameuse "piscine" nous arracha à tous des cris de ravissement !
En fait, il ne s’agissait pas d’une piscine à proprement parlé, mais du réservoir d’eau de la palmeraie que les gosses du village s’approprient pour se rafraîchir !!
Bien que piquer une tête aurait été appréciable, aucun de nous ne tenta l’aventure, règle d’or en Afrique, pour nos organismes " sensibles",
se méfier des eaux stagnantes (lacs, étangs ou bassins)
L’effet de cette masse d’eau se fit tout de suite sentir, il faisait délicieusement frais à cet endroit ! Nous prîmes alors le temps d’admirer les plongeons des gosses du coin.

Puis, on repartit à travers jardins et palmiers pour rejoindre la piste aride.
Notre balade s’achevait, nous arrivions à la voiture.
La descente du baudet fut un soulagement, je vous le dis !! J’avais l’impression que mes jambes avaient pris la forme de celles de Lucky Luke ! Cela promettait quelques bonnes courbatures sans parler de l’état de mon coccyx !
Après quelques photos et les salutations d’usage, nous prîmes congés de notre sympathique guide, lui laissant la gratification convenue plus quelques pièces à chacun de ses enfants.
Nous avions pris une dose suffisante de « vert », prêts à affronter la traversée du village où tournoyait toujours un souffle dantesque chargé de terre ocre ! Pas une âme dans les ruelles…, Même le coiffeur du coin était fermé !

Dommage le brushing, ce sera pour un autre jour !
Même paysage sur le chemin du retour, arganiers, champs, piste pour rejoindre le village d’Abdel.
Nous sommes d’abord passés à la maison, nous doucher et nous changer avant de venir, rejoindre toute la famille à la ferme pour prendre le thé.
Ensuite, les garçons s’éclipsèrent dehors pour jouer au foot, Zhom disparut avec Abdel..
Je restai seule…
Non en fait, Hajja n’était jamais bien loin!
Et les jeunes femmes de la maisonnée vinrent me rejoindre, …enfin…
A suivre :
"Un moment entre femmes"
et "la visite de Taroudant"
Si vous passez par là,
par hasard, ou pas!
laissez-moi un petit signe de votre visite!
Merci!
Amitiés
Majorelle
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